Himalayan Adventure

Upper Mustang – Un Road trip difficile et sublime

Si vous êtes à la recherche d’une aventure splendide et exigeante (difficile même!), alors ce road trip est pour vous!
Si les splendeurs de l’Himalaya vous attirent, si vous adorez le hors piste (mais vous adorez vraiment ça hein!! :) si vous aimez rouler dans les cailloux et les rivières, sur les roches fraichement éboulées, si vous avez envie de vivre quelques jours en terre bouddhiste, si la haute altitude ne vous coupe pas le souffle, alors il y a un endroit où vous devez aller absolument!

Le haut Mustang!


Tout ce que j’aime…
Cet été, j’avais besoin de grands espaces! Ceux qui vous donnent l’impression d’être libre… d’être en vie!
Décision prise: Louer une Royal Enfield à Katmandou et filer vers ce haut mustang qui me fait rêver depuis trop longtemps!
Guide et formalités obligatoires pour entrer dans ce territoire protégé.

« Le royaume interdit de Lo »

D’abord, quitter la chaleur moite et étouffante de Katmandou en direction de Pokhara.
Cette route sinueuse est bondée de camions et de bus qui crachent leurs fumées noires et puantes… La conduite au Népal n’a rien à envier à celle de l’Inde!
Les chauffeurs de poids lourds n’ont pas l’intention de ralentir ou de s’arrêter au moindre obstacle!! Allez hop, fanfare de klaxonne, et on double! Virage ou pas virage on double! … On met 6 à 7h pour faire ces 200 kms!
Les paysages sont magnifiques, mais pour arriver entier à Pokhara, le mieux est de rester concentré sur la route! :)

Arrivée à Pokhara.
Je ressemble à un un mineur de fond en arrivant à Pokhara! Le visage nOir!! :) et vu que j’ai chaud et que je me frotte le visage, j’étale bien la couche un peu partout, c’est magnifique!! Mais ça, tu t’en rends compte une fois dans ta chambre en fait!
Quand je parlais aux gens à la réception de l’hôtel, je ne savais pas encore à quoi je ressemblais!! :D
 
Pokhara: Marcher au bord du lac et se dire que demain commence l’aventure! :)

On m’avait dit que la route ne serait pas toujours facile, mais à ce point!?!?!…

 

Départ de Pokhara à 7:00. Avant les bouchons!
Au guidon de ma Royal Enfield, je roule avec comme décor, un grand soleil et les sommets enneigés des Anapurnas; il ne m’en faut pas plus pour être heureuse!
La route qui nous mène à Beni est une route de montagne! Parfois défoncée, un peu « caillouteuse », mais ça roule et je m’habitue à la légèreté de la Royal Enfield! Rien à voir avec ma GS!! :)

Ivresse et Energie 100%!


Pause à Beni.
Un Dal Bath, le plat traditionnel népalais dans un resto sympa avec vue sur les hauts sommets. (Oui et ben profites bien de ce p’tit repos parceque ça va pas durer!!)
Et c’est à partir de là que l' »Aventure » commence!

Nous sommes encore en période de mousson, qui déverse ses pluies sur la région. Par « chance », il pleut la nuit et en matinée, rarement en journée. Mais la boue, les glissements de terrains et la dangerosité de la piste nous empêchent d’avancer à un bon rythme!
6h pour faire les derniers 38 kms qui séparent Beni de Ghansa! 

6h éprouvantes, à lutter sur des pistes transformées en bain de boue, 6h à tenir la moto dans cette gadoue collante et glissante, coincés dans les traces profondes laissées par les camions, rouler au bord des précipices ou sur des monticules de roches qui se sont accumulées lors du dernier glissement de terrain…

Les camions et les 4×4 ici mettent des heures à faire ces quelques kilomètres tant la route est dangereuse et glissante!
Cette piste, qui suit la rivière Kali Gandaki, se situe dans un des canyons les plus profond du monde!
Au dessus de ma tête, les hauts sommets arrosés par les pluies de la mousson, sous mes roues une piste fragile au bord du précipice.

Les paysages sont magnifiques, mais cette piste est infernale!…
# j’en peux plus!!!!


Arrivés à Ghansa pour y passer la nuit.

Nous sommes aux portes de la région du Mustang, mais toujours dans ces hautes montagnes aux paysages verts et trempés.

7:00 du mat’.
Je prends mon café en essayant de ne pas imaginer l’état de la route qui m’attend après une nuit de pluie…
L’électricité est coupé ici. Il ne fait pas très chaud. L’air est humide. Par la fenêtre, je regarde cette pluie qui n’en finit pas de tomber…
Enfiler ses bottes trempées, se camoufler sous le le kway et repartir …
 
Je sens déjà les premières courbatures… aux épaules! :)
Je sais qu’il reste encore quelques kilomètres pourris avant d’atteindre Jomsom, frontière géographique où la mousson s’arrête!

Pas de surprise, la route est la même qu’hier. Il y a eu un glissement de terrain cette nuit.
Les pelles et les tracteurs déblayent la route comme ils peuvent.
Patience
Jomsom est une petite ville.
Une garnison importante, un collège dans lequel les enfants du Mustang et Haut Mustang descendent étudier, et un petit aéroport qui permet de rejoindre Pokhara en 20 Minutes! ça fait rêver! :)

Nous entrons ici dans la « Windy Valley »! On est prévenu!

Le vent, c’est mieux que la pluie!! :)
Road from Beni to Ghansa
Après Jomsom, on dirait que la piste s’améliore! Quel bonheur! Je laisse l’enfer derrière moi! :) … Mais ça ne va pas durer!

La route entre Jomsom est Muktinath est superbe! Au début, une belle et large piste qui, au bout de quelques kilomètres, se transforme en ruban asphalté! Incroyable!…
Mais… car il y a un « mais »… Je ne vais pas à Muktinath, je vais à Lo Manthang! :)

Et le petit chemin qui descend à Kagbeni, dernier village avant d’entrer dans le Haut Mustang, n’est encore qu’un chemin de montagne, piéton, avec ses roches et ses cailloux, et surtout, une forte pente dans laquelle je m’aperçois que le frein arrière de la Royal n’est pas vraiment efficace!!… ça promet!!

On s’arrêtera là pour la journée.
Il faut aller au Check Point faire valider le Permis qui est obligatoire pour entrer au Haut Mustang.
Une balade dans ce joli village paisible. Un monastère où des jeunes moines jouent au « baseball », des gens d’une grande gentillesse, une vue superbe sur le Nilgiri, dont le haut sommet atteint 7000m, les moulins de prières…

Un ciel bleu, une large rivière où ne coule qu’un filet d’eau, des montagnes arides, balayées par un vent fort qui soulève une poussière dense… 

Décor sublime… J’adOre!

 

Le Haut Mustang

Nous entrons maintenant dans le Haut Mustang.

Alors un truc qu’on ne m’avait pas dit, c’est qu’en fait ici, il n’y a pas vraiment de route! Elle est en cours de construction!

Elle s’appelle the Jeep road! Alors oui, en Jeep, cette piste est accessible, à condition d’avoir un chauffeur attentif!

Mais alors en moto!!!!???!!!…. …..

Di ffi ci le!!


Kagbeni – Chhuksang – Chele (Altitude 3000m) …

Des paysages à couper le souffle, une piste sympa jusqu’à Chele

Les villages, bordés d’un vert éclatant, tranchent avec les couleurs ocres des roches. Ici des canyons où l’eau ne coule plus, là des grottes anciennement habitées, et partout des sommets, des cascades, des couleurs…

Splendide!!

Chhuksang, Chele, Samar (3760m).

Chhuksang est le dernier village « bas » (3000m) avant de traverser la Kali Gandaki et commencer à prendre de l’altitude. A partir de là, les bus et les camions ne peuvent aller plus loin!


Seules les Jeep et les motos peuvent poursuivre la piste qui monte au Haut Mustang.

Kali Gandaki sort d’un canyon; le courant et la profondeur sont importants. Le pont en cours de construction.


Pour traverser, il y a un petit pont piéton en métal (au bord de la rupture!) que les gens empruntent pour passer d’une rive à l’autre, d’une Jeep à l’autre.

Un pont est en construction
Ce petit pont est actuellement le seul point de passage entre les 2 rives

Il faudra donc l’emprunter en moto aussi! Et la route se poursuit dans un champs de galets, jusqu’à la piste! 

 


Une piste plutôt roulante faite de cailloux ou de sable, de cascades et de passage à gué, mais on prend de l’altitude, et ma Royal Enfield va vite être à bout de souffle!

Montée difficile pour la moto pour ce premier col à 3700!

Aucune patate!!! En fond de première, rien à faire, je joue de l’embrayage et accélérateur pour ne pas perdre le peu de vitesse que j’ai, mais la Royal fini par caler!…

P**** quand c’est pas la gadoue, c’est un chemin de mules, des rochers, ou des galets, et quand c’est pas ça, c’est la moto qui me lâche!… Pffff…

Souffler, respirer, admirer le sublime paysage et me dire que je suis, malgré la difficulté, dans un des lieux les plus magiques que la terre nous offre…

Et puis, plus de pluie. Le soleil et le vent. … Bon, ok. Mais quand même, c’est chiant!!! 


Il faut attendre un moment que la moto redémarre. Faut pas être pressé hein!

S’équiper de patience pour grimper en haut du col!.. Montée pénible dans une montagne incroyable.


Physiquement, ça commence à être difficile pour moi, et la moto ne me facilite pas la vie!

Les pare-cylindres, assez bas, « se tankent » dans les rochers quand on traverse des cascades ou des rivières et je ne vois pas toujours les « pièges » cachés dans la gadoue ou le courant!…

Sortir la moto de ses pièges à chaque fois est fatigant! Et puis ça fait maintenant 5 jours que je ressens cette route comme une lutte. Je ne m’attendais pas tout à fait à ça.

La Royal n’a pas de puissance, et pour avancer, je roule la plupart du temps en 1ère parfois en seconde. De toute façon, l’état de la route ne permet  pas de « rouler fluide » très longtemps.


Arrêt à Samar, un petit village à 3760m d’altitude. 

Il faut s’acclimater doucement à cette haute altitude.

 

Il est tôt, j’enfile mes chaussures de trek et je pars marcher et grimper un peu pour m’imprégner de ces paysages fantastiques!

Aussi pour me remotiver. J’avoue que physiquement, c’est difficile et il me reste encore beaucoup de route jusqu’à la frontière tibétaine.

J’essaie de rebooster mon courage pour les prochains jours, et devant cette immensité qu’offre ces colossales montagnes de l’Himalaya, j’oubli la difficulté de la route et les galères!

Le soir, dans les guesthouses, l’ambiance est paisible et sympathique. Les familles sont accueillantes, et les quelques touristes qui sont là n’en reviennent pas qu’on puisse être en moto sur ces « Bumping path »!

Tu m’étonnes!! …


Mon guide, fatigué aussi par cette piste (entre parenthèses, qu’il ne connaissait pas!…) me propose de continuer jusqu’à Lo Manthang à pieds et de trouver un porteur pour les bagages…

Honnêtement, mon plaisir moto étant proche du Zéro, j’accepte, en me disant que ce sera sans doute plus sympa d’apprécier les paysages, plutôt que de lutter en permanence sur ces routes fracassantes!…

 

Je relis le plan de route que mon guide m’avait envoyé avant le départ! Visite de ceci, de cela, petit passage un peu difficile, puis prendre une très bonne route jusqu’à tel village…

C’est sûr qu’au vu de ce descriptif, tu signes en bas de page immédiatement!


Sauf que la route est belle quand tu marches et que tu as le temps d’admirer le paysage. Pas en moto.

Il n’y pas pas de « bonne route » au Haut Mustang quand tu es en moto!

Et si j’avais su que la piste et les chemins étaient aussi hard, je ne pense pas que je serai venue là à moto. Mais j’y suis et je veux profiter de cette belle aventure!

Il faut être un amateur fou et passionné de Off Road, il faut aimer les pistes insensées jusqu’au danger parfois!…

Et non stop pendant 12 jours! Perso, je n’ai pas cet entrainement.  


Non.

Finalement, je pense que mon guide n’a pas trouvé de porteur, ou bien il n’a pas vouu laisser les motos ici donc, on continuera en moto jusqu’à Lo Manthang.

Dans chaque village, on te dira que la route est difficile jusqu’au village prochain mais qu’après, la route est bonne!…

Alors en fait, pas du tout! La route est  juste « praticable » en 4×4 au Haut Mustang.

Elle est en construction depuis une poignée d’année seulement. Avant, les gens marchaient pour se rendre au village voisin. A pied ou à cheval. C’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui! 

Il n’existait pas d’autre moyen de se déplacer. Maintenant, il y a les Jeep. Mais dans une voiture, on ne ressent pas la route comme sur une moto et les Jeep leur rendent la vie tellement meilleure!

Pour les gens d’ici, la route en 4×4 est une grande aide et c’est bien normal qu’ils la juge comme « une bonne route »!

Glissement de roche en montagne…


Les jours se ressemblent un peu.

Départ le matin, tôt, après un thé. Charger la moto et en piste!

Les paysages et les couleurs, changent d’un col à l’autre!

Je suis émerveillée par cette géologie chaotique et sublime. Un nuancier de couleur incroyable. Et partout ces Stupas qui s’harmonisent parfaitement à la montagne…


Des arrêts dans les rares villages du Haut Mustang.

Des monastères, exceptionnels, des peintures et des sculptures éclairées par la douce lumière du soleil qui ne pénetre que par de petites lucarnes… un silence absolu, tout juste rompu par le bruit du vent… une atmosphère tellement paisible…

Et puis cette piste, toujours aussi cassante. Cette moto toujours aussi incertaine dans les passages difficiles.

Lo Manthang (3900m).

Me voilà arrivée dans cette petite capitale du Royaume de Lo, ancien Royaume interdit.

Lo Manthang est une cité fortifiée qui compte 3 monastères multi centenaires. Absolument sublimes!!

Assister à une cérémonie est un moment exceptionnel.

Je vais rester à Lo Manthang 3 jours. On fait vite le tour de cette petite cité Royale.

Un peu de repos, de marche, et aussi, organiser le retour!


Alors NON, je ne vais pas redescendre la moto! On ne peut plus me dire maintenant que la route est belle, je l’ai faite à l’aller et je ne compte pas la faire au retour!…

Je suis fracassée! Physiquement épuisée. J’avoue que je n’ai aucun courage pour subir à nouveau toutes ces galères.

Et puis nous sommes à 4000m d’altitude depuis quelques juors et mon énergie baisse…

 

Donc, j’ai proposé 2 solutions à mon guide, pour qu’il comprenne bien que je n’avais pas l’intention de me retaper cette « belleroute » dans l’autre sens!!

– 1: Tu trouves quelqu’un pour descendre la moto à Chhuksang et je redescends en Jeep locale

– 2: Je balance la moto dans le ravin… et je redescends en Jeep locale!  :)


J’avais prévu d’aller à la frontière tibétaine, quelques kilomètres plus haut. Poste frontière en cours de construction par la Chine.


A Lo Manthang, il y a des 4×4 qui peuvent faire cette route. En moto, elle est encore impossible.

Enfin elle est possible bien-sûr (quoique) mais il y a quelques passages extrêmes vraiment hard à passer (rivière profonde et courant important – éboulement de pierres, et autres petites réjouissances que te réserve la haute montagne ici!…)


Seuls les derniers kilomètres de piste jusqu’aux barbelés chinois sont impeccables! Un vent impressionnant sur ce haut plateau!

4600m. Une frontière, des drapeaux de prières qui flottent au vent, des troupeaux de moutons, des yacks aussi.

Et de l’autre coté, le Tibet.

Derrière les grilles, le bâtiment en construction, austère  et colossal. Un campement, de bâches et de tôles, où les ouvriers vivent pendant la durée des travaux. Conditions extrêmes.


Bon, il n’y a pas grand chose à faire là haut, donc sur le chemin du retour, nous nous arrêterons à Chhoser. Encore un endroit exceptionnel…


Un monastère construit dans la roche de la montagne.

Des moines viennent ici des mois pour méditer. C’est sûr que l’endroit s’y prête!

Un « immeuble » de grottes anciennement habité, une légende, une visite des lieux.

On monte (le dos courbé) dans de petits couloirs qui desservent des petites pièces avec vue! On peut continuer à emprunter ces petits couloirs pour monter au … 5ème étage! :)

Et puis, une longue marche… qui fait du bien.

Première journée sans moto aujourd’hui!

J’apprécie la facilité avec laquelle je passe les rivières et les monticules de rochers! Sans lutter :)  #vive mes pieds, vive le 4×4!

Lo Manthang

Lo Manthang a perdu son roi en 2016, et quand je parle avec les gens d’ici, je ressens tout le respect qu’ils ont pour lui, et pour la reine, qui vit à Katmandou la plupart du temps maintenant.

Le Palais Royal est en restauration. Petit bâtiment très modeste, à l’image de la vie et des gens ici.

Sur la place, quelques minuscules échoppes, des vaches et toujours ces drapeaux qui flottent au vent…

Le palai royal de Lo Manthang 

 

Bonne nouvelle, un jeune du village accepte de redescendre la moto jusqu’à Chhuksang!

Parfait. Je prendrai la Jeep locale! 10 personnes à l’arrière et des énormes baluchons sur la galerie de la voiture. Allez hop!


Impressionnant!!

Si la route est plus facile en Jeep, elle reste tout aussi dangereuse qu’en moto! Un précipice est un précipice!…

On retient notre souffle dans la voiture!

On a mit environ 5 à 6h pour faire les 65 kms qui séparent Lo Manthang de Chhuksang.

Cette route me rappelle les videos ou les émissions du type « Les routes de l’impossible » où tu te dis: Houla!!! j’aimerai pas être à leur place!!! » :)

 

Piste et cascade – #tropfacileen4x4

La piste en 4×4

 

J’attendrai à Chhusang le retour du guide et du jeune qui a descendu la moto.

Il sont mis évidement plus de temps qu’en voiture, et ils sont arrivés trempés, avec quelques boulons en moins, et la trousse à outils en moins! Ah ces rivières!…

Le temps s’écoule paisiblement. Je marche dans ce petit village de Chhusang qui semble ne pas avoir changé depuis son origine, si ce n’est que certaines maisons semblent abandonnées depuis bien longtemps et tombent en ruine.

 

Je marche… Le long de la rivière, dans « la » petite ruelle de ce mini village, sur un sentier de montagne. Le vent ne cesse jamais souffler.


C’est beau. C’est grandiose. Et je sais bien que je m’approche de la fin de cette aventure.

Sentiment mitigé.

Heureuse d’être ici.

Cet endroit me fascine. Colossales et inhospitalières montagnes, décors immobiles animés par ce vent et ces rivières qui brisent cette immensité silencieuse…

Mais j’ai le sentiment d’être passée à côté de beaucoup de ces moments que j’aime tant en voyage.

Ceux qui sont la raison de mes départs en solo.

 

J’aime voyager seule parceque les rencontres sont riches.

Quand je pars seule, le temps n’est pas le même. Je n’ai pas d’impératif. Je peux choisir de m’arrêter où bon me semble. Je peux rester dans une échoppe ou sur un cailloux à parler avec des gens sans contrainte. Je peux m’arrêter. Je peux repartir.

 

Avec un guide, cette liberté n’est plus.

– M’arrêter ici 5 minutes, pour admirer un paysage, et là, 5 minutes encore pour souffler (p***** de route!), faire quelques photos pour pouvoir partager en image ces incroyables montagnes… et puis  sentir que le guide s’impatiente. Trop chiant!!!!

– Parler et échanger avec les gens d’ici, rire de la diffculté de se comprendre, mais être heureux d’essayer… se sourire et se parler, main dans la main parfois… et puis le guide qui arrive et qui vient rompre cette magie en parlant avec eux… Il faut y aller, peu importe la sincérité et l’enthousiasme de cet échange, le guide s’en tape!


Du coup, tu t’arrêtes moins souvent… tu fais moins de photos… tu encaisses les énervements du guide quand il doit t’aider à sortir ta moto de la galère!…

Et tu roules avec ce petit regret…

Mais je suis dans un endroit exceptionnel et je profite quand même de cette magnifique et incroyable aventure!

 

Chhuksang > Kagbeni par la piste… Je me remplis de ces derniers kilomètres au Haut Mustang.

Nous devons repasser par le Check point de Kagbeni pour signer le formulaire de sortie, et puis direction Muktinath.

 

Asphalte! 

La route qui mène à Muktinath est un ruban d’asphalte! Grand confort*****!

ça fait bizarre de rouler ici! Trop facile :)

Et en chemin, je pense aux prochains jours. Nous allons bientôt redescendre à Jomsom, et je sais ce qui nous attend après!

A nouveau 12h de piste dans une marée de gadoue et sous une pluie battante.

Pas envie.

Je n’ai rien lâché, j’ai donné toute mon énergie et ma détermination sur ces pistes cassantes. Et j’ai accepté mes limites, physiques.
Il n’y a rien à gagner à prendre trop de risques.
J’aime l’aventure pour ce qu’elle nous apprend et nous apporte. Pour cette parenthèse de liberté qu’elle nous ouvre.
J’ai accepté à l’aller toutes les difficultés de la route. Je n’ai plus l’énergie pour encaisser tout ça au retour.

Je demande donc à mon guide de trouver un camion pour ramener les motos (ou au moins la mienne) à Pokhara!

Des petits avions font la navette entre Jomsom et Pokhara, souvent le matin, parceque l’après midi, le vent est trop fort.

 

Il a bien essayé de me dire qu’on pouvait faire cette route jusqu’à Beni en 2 jours, mais je ne vois pas l’intérêt!

1 jour ou 2, la galère sera la même!

Et puis il pleut non stop depuis 3 jours dans la région, et au niveau galère, je pense que j’ai fait le tour!

Une nuit à Jomsom.

Trouver un camion pour le transport des motos jusqu’à Pokhara pour le lendemain.

Faire les sacs et prendre ce coucou infernal pour Pokhara.

Départ sous le soleil à travers les rafales de vent. Arrivée sous les pluies abondantes de la mousson.

Le lac de Pokhara est un bel endroit.

Des milliers de libellules survolent le chemin, les gens font la queue pour un tour de bateau, les enfants courent et s’amusent, d’autres se baignent…

Les petits bistrots aux airs vintage bordent le lac. Ambiance vacances! :)

Une bonne nuit de sommeil et une journée de route jusqu’à Katmandou.

Camions, fumées et klaxons. Quelques accidents sur la route. Graves.

Rester concentré.

Arriver à l’hotel.

Faire un point.

Il me reste encore quelques jours avant mon départ….

Trop fatiguée. Pas motivée.

Envie de rentrer.

Avancer mon départ.

 ...

Retour en France et repos bien mérité à Saint Martin des Bois :)

Reprendre ma GS et me réconciler avec la route, les pistes, les falaises et la roche (qui reste bien accrochée ici!) :)

Un soleil doux, famille et amis et malgré tout, de magnifiques souvenirs de ce Haut Mustang fascinant.
A bientôt pour une prochaine aventure!
:)